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L’erreur la plus fréquente des aspirants écrivains – Pascal Engmann


On continue de répéter aux aspirants écrivains qu’il suffit de “se lancer” et de “laisser venir l’inspiration”. Pascal Engman affirme exactement l’inverse. Et si la principale raison pour laquelle tant de romans ne s’achèvent jamais tenait à cette croyance confortable ?


Il existe une erreur fondatrice, presque obstinée, que l’on retrouve chez une immense majorité d’aspirants écrivains. Une erreur séduisante, romantique, rassurante. Une erreur qui fait rêver… et qui empêche d’achever un livre.
Cette erreur, Pascal Engman la nomme sans détour.

« Je pense que c’est l’erreur la plus courante que commettent beaucoup d’écrivains ou d’écrivains en herbe. Ils s’assoient simplement et pensent qu’ils vont imaginer tout en écrivant. »

Tout est là.

Engman ne parle pas d’un défaut de style, ni d’un manque d’inspiration, ni d’un problème de vocabulaire. Il parle d’une confusion fondamentale entre imagination et écriture. Entre le plaisir de rêver une histoire et la capacité réelle à la mener jusqu’au bout.

Un auteur formé par le réel, pas par le fantasme

Avant d’être romancier, Pascal Engman a été journaliste. Cette trajectoire n’est pas anecdotique : elle structure toute sa manière d’écrire. Le journalisme lui a appris deux choses essentielles : préparer avant d’écrire, et ne jamais gaspiller l’énergie de l’acte d’écriture.

« J’écris un synopsis très long et très détaillé afin de connaître chaque partie de mon histoire du début à la fin. »

Chez Engman, l’imagination ne disparaît pas. Elle est déplacée. Elle se déploie avant la rédaction, pendant des mois de recherche, d’interviews, de lectures, de construction narrative. L’écriture, ensuite, devient un travail d’exécution précise, tendue, presque physique.

« Je laisse libre cours à mon imagination avant, afin de ne pas gaspiller mon énergie pendant l’écriture. »

C’est exactement l’inverse de ce que prônent beaucoup de discours paresseux sur l’écriture « intuitive ».

Pourquoi “imaginer en écrivant” mène presque toujours à l’échec

L’aspirant écrivain qui se lance sans structure fait souvent la même expérience : les premières pages sont grisantes. Puis viennent les doutes. Les hésitations. La fameuse question fatale.

« À un moment donné, vous vous demanderez : “Comment vais-je continuer cette histoire ?” »

Et c’est précisément la question qu’Engman refuse de se poser pendant l’écriture. Car se poser cette question à ce moment-là, c’est sortir du récit, casser l’élan, transformer chaque phrase en lutte. La préparation n’est donc pas un carcan. C’est un dispositif de liberté différée.

La réécriture : l’autre vérité que personne n’aime entendre

Autre désillusion fréquente : croire qu’un premier jet inspiré serait sacré. Engman est limpide sur ce point, même s’il l’admet à contrecœur.

« Je déteste faire ça… mais j’ai appris que cela fait partie du métier d’écrivain. »

La réécriture n’est pas un aveu d’échec. C’est la preuve que l’auteur a compris qu’un livre n’est pas une performance, mais une construction. Une histoire gagne en puissance lorsqu’elle est retravaillée, affinée, consolidée.

Lire pour apprendre, pas pour rêver

Contrairement à beaucoup d’auteurs qui invoquent des formations mystérieuses ou des dons précoces, Engman affirme une chose simple, presque brutale.

« J’ai appris à écrire en lisant beaucoup. Et je pense que c’est une très bonne école pour cela. »

Lire, ici, n’est pas une activité passive. C’est une observation technique. Une analyse inconsciente mais active de la narration, du rythme, de la manière dont une histoire capte un lecteur.

« Une histoire bien racontée captivera toujours plus le lecteur qu’un livre moins bien écrit. »

Cette phrase devrait être affichée au-dessus de chaque bureau d’écrivain.

Ce que révèle cette “erreur” sur le métier d’écrivain

L’erreur la plus fréquente des aspirants écrivains n’est pas de manquer de talent. C’est de refuser le changement de posture qu’exige l’écriture professionnelle.

Passer de l’imaginaire au récit.
Du rêve au travail.
De l’élan à la structure.
De l’envie d’écrire à la capacité de finir.

Engman n’oppose jamais discipline et créativité. Il les articule. Et c’est précisément ce qui fait de lui un auteur lu, traduit, publié — et non un éternel projet.

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