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CHRONIQUE : « On était des loups », Sandrine Collette

Par : Aline-Marie Pichet


Pour cette première chronique, je souhaitais vous parler d’un roman qui a fait sensation auprès de mes confrères et consoeurs libraires : il fait notamment partie de la sélection des 10 romans que la profession conseille le plus en cette Rentrée Littéraire : “On était des loups” de Sandrine Collette.

Connue et primée dans le genre du roman policier – Prix des lecteurs Quais du polar pour “Un vent de cendres”, Grand Prix de littérature policière pour “Des noeuds d’acier” ou encore le Grand Prix RTL pour son roman d’anticipation “Et toujours les forêts” – elle revient cette année avec un roman qui se rapproche plus du nature writing tout en gardant des traces du roman noir. C’est l’histoire de Liam, chasseur coupé du monde au milieu d’une forêt dense et hostile, qui retrouve un jour sa femme Ava tuée par un ours, alors qu’il était parti pendant plusieurs jours. Et sous le corps de cette dernière, Aru, son fils d’à peine 6 ans, vivant. Mais que faire d’un si petit garçon, surtout que cet enfant, il a bien voulu le faire pour faire plaisir à Ava, mais lui il n’en voulait pas…
Commencera alors une quête pour Liam, dans un premier temps pour placer son garçon, qui deviendra une quête pour devenir père.

L’autrice dira dans le podcast “Secrets d’écriture” de Femme Actuelle que l’idée du regret de la parentalité de Liam lui ai venu d’un travail de son attaché de presse sur le “Mal de mères”, un recueil de témoignages sur ces mères qui regrettent d’être devenues mères, et elle s’est posé la question du côté paternel ; en ce qui concerne l’univers narratif, c’est en regardant une série documentaire sur des Américains qui vivent dans les mêmes conditions que Liam : coupés du monde, au cœur de la forêt sauvage, qui sont à des journées entières de marche de la ville la plus proche. La grandeur de la nature, c’est bien ce qu’on retrouve dans ce roman : Sandrine Collette met en scène à plusieurs reprises des sessions de chasse où Liam doit trouver des subterfuges pour arriver à tuer sa proie ou se sortir d’un mauvais pas, avec parfois les obstacles que la Nature met sur son chemin (éboulements, orage, animaux qui le chassent aussi…). La nature est une des thématiques chères à l’autrice, puisqu’elle la met en scène dans presque tous ses autres romans – exception faite pour son polar “Une brume si légère” qui se place dans un univers plus urbain.

Un autre des points forts de ce roman : la narration. L’autrice a choisi un point de vue focalisé sur Liam, on est uniquement dans sa tête pour nous donner accès à toutes ces choses qu’il tait normalement : des brides de son enfance, son rejet de la ville, son désarroi face à ce petit dont il ne sait pas quoi faire. Pour cela, elle a enlevé le plus de ponctuation possible pour donner un effet d’un flot de pensées qui coule sans arrêt, mais qui reste malgré tout à fait lisible pour les scènes d’actions et de tension – je ne peux que vous inviter à écouter le podcast cité plus haut, car l’autrice lit la scène de la découverte de l’attaque de l’ours, qui est incroyablement bien faite.

Parlons des scènes de tension. J’en ai repéré deux qui m’ont particulièrement marqué : celle du midpoint et le combat final du climax. Je ne rentrerai évidemment pas dans les détails, je dirai juste que ce sont de parfaits exemples – avec la scène de la découverte de l’attaque de l’ours – de l’expérience de Sandrine Collette pour créer du suspense et de la tension qui nous happe. Jusqu’au bout, elle a réussi à mettre le doute en moi sur le sort du protagoniste et de son fils, parce qu’il leur en arrive des choses… Et surtout, la Nature n’est pas la seule chose dont ils doivent se méfier.

C’est un roman que je vous invite vraiment à lire, et à analyser si vous suivez les formations ou les stages des Artisans de la Fiction. Je ne vais pas vous cacher que même si j’aime beaucoup d’œuvres de la littérature francophone, j’ai un a priori assez tenace : on n’arrive pas à faire des scènes rythmées qui font monter la tension dramatique, alors que les auteurs étrangers en sont tout à fait capables. Je suis heureuse que Sandrine Collette me prouve le contraire en me donnant une transformation de personnage très bien ficelée, et des scènes de tensions qui m’ont tenu en haleine.

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS :
Podcast “Secrets d’écriture” de Femme Actuelle avec Sandrine Collette

Aline-Marie Pichet est libraire à


150 avenue Franklin Roosevelt
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