On nous demande encore si “ça marche”, comme si former des auteurs était un tour de magie. Non : ça prend du temps, du travail, des réécritures, des outils, une méthode — bref, un métier. En 2026, les Artisans de la Fiction entrent dans leur 12ᵉ année, et la réalité commence à répondre à la question la plus paresseuse du monde : oui, nos élèves publient. Et cette année, nos formateurs aussi.

Les Artisans de la Fiction entrent en 2026 dans leur douzième année. Douze ans passés à refaire, patiemment, ce qui avait été laissé en jachère en France : une pédagogie moderne, exigeante et transmissible de la narration. Une pédagogie qui ne se contente pas de parler d’« inspiration », mais qui apprend à fabriquer une histoire, à la structurer, à la tendre, à la réécrire, à la rendre lisible et vivante.
Quand nous avons commencé, on nous posait souvent la question avec ce petit sourire poli qui veut dire « alors, ça marche ? » : Vous avez des élèves publiés ? Nous répondions sobrement : ça va prendre dix ans. Non par arrogance. Par simple réalisme. Parce qu’apprendre un métier, former des auteurs, construire une méthode, accompagner des projets jusqu’à la maturité éditoriale : tout cela réclame du temps, du travail, et une obstination tranquille. Aujourd’hui, cette hypothèse se confirme : de plus en plus de nos élèves publient. Et, autre signe qu’une maison grandit, nos formateurs sont eux aussi à l’honneur.
Fier de notre équipe : La femme coupée en deux de Julie Fuster !
Le 23 janvier 2026, notre formatrice Julie Fuster publie aux éditions Le Quartanier un premier roman impressionnant : La femme coupée en deux. C’est le genre d’entrée en littérature qui ne demande pas la permission, et qui ne s’excuse pas d’être ambitieux.
Nous vous invitons à venir la rencontrer pour une séance de dédicace aux Artisans de la Fiction samedi 24 janvier de 17 h 30 à 19 h, dans nos locaux, 10 rue du chariot d’or, 69004 Lyon.

Dans La femme coupée en deux, Louise s’est construite par la discipline. Depuis que sa mère a quitté le foyer, alors qu’elle avait dix ans, Louise s’est tenue droite : rationnelle, efficace, presque invulnérable — du moins en apparence. Jusqu’au jour où sa mère meurt brutalement, et où l’histoire qu’elle croyait avoir verrouillée prend un tour étrange. Le roman a cette qualité rare : il ne se contente pas d’« installer une atmosphère », il avance, décrit, recrée un monde en mutation. Il creuse des personnages complexes. Il fait bouger la vérité au lieu de simplement la restituer. Il rappelle, avec élégance, qu’une identité peut être un chef-d’œuvre de contrôle… et une construction fragile.
Impeccablement écrit, ce premier roman marque l’apparition d’une autrice qui sait raconter avec puissance et précision. Il y a là une maîtrise du rythme, une intelligence de la tension, et surtout une capacité à faire exister un personnage de l’intérieur sans l’étouffer sous des explications. C’est un régal, et nous vous le recommandons sans détour.
Vous pouvez lire gratuitement le 1erchapitre de La femme coupée en deux ici :

Fier de notre directeur : Comment écrire une bonne histoire de Lionel Tran !
Début avril 2026, notre directeur publiera Écrire une bonne histoire chez Nouveau Monde éditions — l’éditeur original de L’Anatomie du scénario de John Truby. Ce détail compte, parce qu’il dit quelque chose : un pont se construit entre une tradition internationale de la dramaturgie et le travail pédagogique mené depuis douze ans aux Artisans.

Écrire une bonne histoire sera un manuel court (environ 200 pages), extrêmement dense, et — ambition rare pour un livre technique — plaisant à lire. Un concentré de l’essence de notre pédagogie : l’énergie, l’engagement, l’exigence et la joie artisanale du récit. Un livre pour celles et ceux qui veulent des outils, pas des slogans, et qui préfèrent apprendre à faire que discourir sur le fait de faire.
Fier de notre équipe : un nouveau roman de Frédérick Houdaer !
Et puis il y a Frédérick Houdaer. En septembre 2026, notre formateur publiera un roman co-écrit avec sa compagne. Nous pourrions vous annoncer « un scandale littéraire », des livres brûlés, des attaques au couteau en dédicace et un destin de Salman Rushdie français… mais nous allons nous contenter de ce qui est vrai : nous leur souhaitons un roman qui fasse du bruit, de l’écho, et du débat — bref, tout ce qu’on espère d’un livre vivant. Nous blaguons, évidemment. Nous leur souhaitons le contraire des menaces, et surtout le contraire de l’indifférence.
Fier de nos élèves : Plusieurs romans à paraître en 2026 !
L’année 2026 verra également la publication de nombreux élèves. Nous vous les révélerons au fur et à mesure, parce qu’une école n’est pas un feu d’artifice : c’est un atelier. Et un atelier, ça travaille sur la durée, ça sort des pièces, ça s’améliore, ça gagne en précision.
Enfin, 2026 sera aussi une année de nouveaux formats : des journées techniques, courtes, nettes, qui peuvent changer votre manière d’écrire — parce qu’elles clarifient des décisions que beaucoup d’auteurs laissent au hasard.

La journée Stratégie narrative pose une question simple, mais décisive : qui raconte l’histoire ? Quand ? Depuis quel point du temps ? Au présent, à chaud, au passé, avec la distance d’un narrateur qui sait déjà la fin ? Ces choix ne sont pas des préférences esthétiques : ce sont des leviers de tension, d’immersion, de suspense, de perception morale. Une mauvaise stratégie narrative peut rendre une bonne histoire molle ; une bonne stratégie peut transformer une intrigue simple en expérience de lecture aimantée. Date 2026 : samedi 14 février 2026, en format hybride (présentiel ou distanciel au choix).
La journée Construire un personnage part d’un principe que la fiction confirme sans pitié : un personnage n’existe pas par accident. On ne “tombe pas” sur un protagoniste, on le fabrique. Cette journée vous guide dans la construction de la backstory, de la faille, du désir, du débat moral et du réseau relationnel — tout ce qui transforme un nom sur une page en force dramatique. Quand un personnage est bien construit, il ne “subit” plus l’intrigue : il la produit. Date 2026 : samedi 28 mars 2026, en télé-enseignement.
Douze ans, ce n’est pas un anniversaire mignon. C’est l’âge où une structure cesse d’être une promesse et devient une preuve. 2026 s’annonce comme une année de publications, de transmission, de méthodes affinées et de récits plus ambitieux. Et comme toujours : moins de posture, plus d’atelier.
Cette exigence de transmission ne s’arrête pas aux auteurs adultes déjà engagés dans des projets de roman. Depuis plusieurs années, Les Artisans de la Fiction développent également des stages d’écriture à destination des adolescents, pensés non comme des ateliers d’expression vaguement ludiques, mais comme de véritables initiations à la narration. Le stage Affronter le monstre (9–14 ans) repose sur une idée fondatrice : les grandes histoires commencent souvent très tôt, là où surgissent la peur, la colère, le sentiment d’injustice ou le besoin de courage. Le monstre — figure centrale des mythes, des contes et de la fantasy — devient un outil narratif pour apprendre à transformer une émotion brute en intrigue construite. Les adolescents découvrent qu’écrire une histoire, ce n’est pas « se raconter », mais mettre en forme un conflit, lui donner une trajectoire, une résolution, un sens partageable.

Ces stages ados transmettent déjà l’essentiel de ce qui fonde notre pédagogie : une histoire n’est pas une accumulation d’idées, mais une architecture. Situation initiale, déclencheur, épreuves, transformation, résolution : les jeunes auteurs apprennent à organiser le chaos de l’imaginaire, à tenir une promesse au lecteur, à comprendre que la fiction est un espace de jeu… mais un jeu régi par des règles. Pour beaucoup, c’est là que naît un rapport durable à la lecture, à l’écriture, et plus largement à la pensée narrative elle-même.
Dans le prolongement de cette logique, et pour ouvrir l’année sans faux-semblants, Les Artisans de la Fiction proposent également une journée dédiée aux histoires post-apocalyptiques. Une formation qui pose une question simple, et radicale : que reste-t-il quand tout s’effondre ? Ici, la fin du monde n’est pas un décor spectaculaire ni une excuse à aligner des ruines. Elle devient un outil narratif puissant pour interroger l’humain, les systèmes sociaux, la morale, la survie et la reconstruction. On y apprend que la post-apocalypse ne parle jamais du futur, mais toujours du présent — de nos peurs, de nos aveuglements, de nos espoirs ténus. Une excellente manière de commencer l’année : en comprenant que les bonnes histoires ne détruisent jamais tout. Elles trient. Elles révèlent. Elles mettent à nu.

