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Pitchaya Sudbanthad – Les personnages sont des énigmes

Par : Léa Ducourtioux


Cela fait plusieurs années que nous intervenons à la Villa Gillet, à l’occasion des Assises du Roman et de Littérature Live Festival, et cette fois-ci pour leur nouveau format d’interviews d’écrivains,
Les Dialogues sur la fiction. Ces rencontres, pendant lesquelles deux auteurs discutent de leurs procédés d’écriture, ne sont pas filmées, mais nous avons réussi à trouver un moment en amont pour filmer un petit questions/réponses !

Nous avons donc interviewé Pitchaya Sudbanthad à l’occasion de sa conférence croisée avec John Banville à la Villa Gillet (jeudi 28 octobre 2021) et pour la sortie en français de son premier roman, « Bangkok déluge » aux Editions Payot & Rivages.

Pitchaya Sudbanthad est un auteur thaïlandais d’essais et de fiction en langue anglaise. Ses nouvelles ont été publiées chez les plus grands éditeurs et magazines anglo-saxons (Esquire, StoryQuaterly…). En 2019, son premier roman « Bangkok wakes to rain » est publié chez Riverhead Books et traduit en italien puis en français.

Dans cette interview, Pitchaya Sudbanthad revient sur la façon dont il s’est formé à l’écriture, l’importance des auteurs qu’il a lu et de la création d’un cercle de lecture et de critiques avec des amis auteurs qui lui a été très utile à ses débuts.

Y a-t-il d’autres écrivains, narrateurs ou modèles qui vous ont vraiment aidé à comprendre ce que c’est qu’une histoire ?

Très jeune, on m’a fait connaître des auteurs latino-américains : García Marquez, et plus tard Bolaño. J’ai aussi commencé à lire Yasunari Kawabata, l’auteur japonais. D’autres fois je me suis tourné vers des autrices américaines telles que Toni Morrison, Ursula K. Le Guin. Parfois, j’apprends à partir de choses qui ne sont pas de la littérature : la musique, les films, la peinture, des formes d’art qui transmettent une émotion, qui peignent un décor, qui nous racontent des histoires sur une époque, un endroit, des gens. On apprend beaucoup à partir de choses diverses, je pense.

Il prend le temps également de détailler son processus créatif et d’écriture, des divagations de la recherche, de l’importance de creuser une idée et de poser un cadre, un endroit, où personnages et situations pourront ensuite se développer.

À propos de la relation qu’il entretient avec ses personnages, Pitchaya Sudbanthad parle d’une relation privilégiée qui se développe à la fois dans l’imaginaire de l’auteur, mais aussi au-delà de lui : « It is like having a relationship within you and outside of you. ». Il encourage les apprentis-auteurs à ne pas enfermer trop vite leurs personnages, mais de les observer dans des situations précises. Pour Pitchaya Sudbanthad, le temps est un élément majeur de tout processus créatif : « Allow yourself to write and see where this go. »

Je pense que les personnages me viennent comme des énigmes, en quelque sorte. Vous rencontrez un personnage comme vous rencontriez quelqu’un : vous en apprenez un peu sur eux, puis vous en apprenez plus. Vous passez du temps avec eux, vous prenez un café ensemble, en quelque sorte. Vous regardez ce qui se passe dans leurs vies : vous devenez un peu comme un voyeur. Parfois ils se savent observés, parfois non. C’est avoir des relations avec des êtres, des entités, qui sont à la fois en vous et en-dehors de vous-même. C’est une expérience très bizarre, les personnages.

Est-ce que vous les construisez avant de commencer l’écriture, ou est-ce que vous faites connaissance avec eux en écrivant ? 

D’habitude, je commence à écrire à partir du décor — il peut s’agir d’une maison, d’un type de situation, puis ces décors deviennent une sorte de scène sur laquelle entrent les personnages d’eux-mêmes, en quelque sorte. Pour ce roman, un des premiers personnages qui me sont apparu c’était une femme, qui balayait le pas de la porte devant son restaurant. Il s’agissait d’un restaurant thaïlandais, mais il ne se situait pas en Thaïlande, mais au Japon. Et c’est comme ça que m’est venu ce personnage — puis ma curiosité m’a révélé qui elle était, pourquoi elle était là, et qu’est-ce qui la tracassait.

 

N’hésitez pas à regarder notre interview du romancier irlandais John Banville qui était l’interlocuteur de Pitchaya Sudbanthad ce soir-là, sur la scène de la Villa Gillet !

 

Entretien mené par Les Artisans de la Fiction – Transcrit et traduit de l’anglais par Pauline Suarez Perut

Remerciements à Lucie Campos

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