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La quête : structure de toutes les histoires

Par : Julie Fuster

La quête : un outil pour raconter

Au coeur de toutes les histoires, on retrouve la structure de la quête dans de nombreux récits imaginaires et fantastiques.  Mais tout récit est, profondément, l’histoire d’une quête. Même les histoires réalistes.

C’est quoi l’histoire d’une quête ?

Le mot “quête” évoque les mythes, les contes, et les romans d’aventure et de science-fiction. On pense à la Quête du Graal, au Seigneur des Anneaux, à L’Odyssée, à L’Ile au Trésor et même aux aventures d’Indiana Jones. Et cette association d’idées ne nous induit pas en erreur. En effet les genres du fantastique et de l’aventure sont les cadres idéals pour les grandes quêtes épiques qui embarquent le lecteur dans un voyage en terres inconnues (et hostiles !). Une quête tient le lecteur fasciné, tendu, obsédé par cette question : “le protagoniste réussira-t-il à atteindre cet objet (ou ce lieu, ou cette personne…) qu’il désire tant ?”

Mais la structure de la quête, la quête en tant qu’histoire, n’est pas nécessairement corrélée à de grandes épopées ni même à des aventures impliquant des voyages lointains ou des combats sanguinaires.

Une quête, c’est un moment dans la vie d’un individu où celui-ci quitte sa zone de confort pour partir à la recherche de “quelque chose de meilleur” pour lui ou pour sa communauté. La recherche de cet objet (ce lieu, cette personne, etc.) conduit l’individu dans de nombreuses épreuves, forgeant ainsi son courage, sa force et testant sa témérité. Ces épreuves, de plus en plus difficiles, de plus en plus dangereuses, ne font pas que révéler la nature éventuellement héroïque du protagoniste, elles lui font aussi connaître le goût amer de la perte : perte de son innocence, d’un ou plusieurs êtres chers, peut-être même d’une croyance, d’un principe de vie ou d’une capacité physique.

La quête implique donc un désir puissant, une sortie du “monde normal” du protagoniste. Pour les meilleures histoires, elle implique aussi un changement profond du ou des personnages. Car personne ne sort d’une quête en étant exactement le même qu’en y entrant.

Pourquoi étudier la structure de la quête ?

Quand on y regarde de près, la structure d’une quête regroupe les éléments nécessaires à la construction de n’importe quelle histoire : un ou plusieurs protagonistes, un monde connu, un monde inconnu, un objectif et des péripéties.

Au sujet de la quête, beaucoup de romanciers et d’auteurs (Campbell, Vogler…) parlent de “monomythe”. Ils veulent dire par là que la structure de la quête est la structure de base de toutes les histoires. Toutes les histoires que nous racontons, que nous lisons, que nous regardons, sont des quêtes. Car au fond, toutes les histoires racontent les aventures d’un protagoniste qui désire quelque chose qu’il n’a pas et qui se lance à la recherche de cet objet, aidé par ses pairs et empêché par des antagonistes.

Par exemple, le roman “Mr Gwyn” d’Alessandro Barrico ne ressemble pas – en apparence – à l’archétype d’une quête en racontant l’histoire d’un romancier en perte de vitesse et passablement déprimé.
Et pourtant, Mr Gwyn se lance bien dans une quête : celle de l’invention d’un nouveau genre, celle (fantasmagorique) de pouvoir enfin accéder à l’originalité, à la vérité en littérature. Et cette quête, aussi folle soit-elle, est pourtant très concrète. Elle mène le protagoniste a changer d’identité, à monter une entreprise, à rencontrer des individus et à vivre des aventures qu’il n’aurait jamais eu l’occasion de vivre s’il ne s’était pas lancé dans cette recherche désespérée.

La quête : une structure pour un nombre infini d’histoires

Bien entendu, cela ne veut pas dire que toutes les histoires que nous racontons sont identiques ou qu’il n’existe qu’un seul schéma narratif valable. Très souvent, les adversaires de Campbell ou Vogler leur reprochent cet argument qui pourtant n’a jamais été le leur !
La structure de la quête est la base de toutes les histoires… mais seulement la base ! Il existe d’infinies variations possibles du schéma narratif, de multiples possibilités de construction de l’histoire, de thèmes, de genres etc.

Il suffit de regarder sa bibliothèque : des centaines de romans, pas un seul ne raconte la même chose de la même manière !

Maîtriser les différentes structures

Aux Artisans de la Fiction, nous étudions et faisons expérimenter aux élèves de nos formations, quelques unes des structures d’histoire les plus courantes (et les plus puissantes !) à partir du schéma de la quête.

Pendant le stage “Construire un roman : raconter avec les 7 intrigues fondamentales”, ainsi qu’en 2ème année de cycle “L’Artisanat de l’écriture”, nos élèves découvrent, analysent et testent six grands schémas narratifs à partir de la structure de la quête. En se basant sur le livre de Christopher Booker (“The seven basic plots – why we tell stories”) ils apprennent à raconter les histoires les plus fondamentales de l’expérience humaine : affronter ce qui terrifie, se battre pour sortir de sa condition, faire l’expérience de sa propre ambition dévorante, se confronter à l’inconnu, etc…

En 3ème année de cycle “Artisanat de l’écriture”, nos participants vont encore plus loin dans la modulation et la variation du schéma de la quête et expérimentent 18 types d’intrigues “d’esprit et de corps” à partir de l’analyse de Ronald Tobias dans “20 master plots”.

Si vous souhaitez découvrir la structure de la quête, sa richesse, sa puissance et ses variations, nous vous conseillons de vous inscrire au stage “Construire un roman : raconter avec les 7 intrigues fondamentales”. Il est accessible aux débutants comme aux personnes confirmées. Les prérequis : adorer les histoires et vouloir se former !

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