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Ecrire un recueil de nouvelles à 4 mains : « Dures comme le bois » !

Par : Lionel Tran

La librairie Vivement Dimanche accueille pour ses 25 ans, les auteurs du recueil de nouvelles « Dures comme le bois ». La particularité de ce recueil est d’être écrit à 4 mains. Comment peut-on écrire des nouvelles à 4 mains ?

Pourquoi le format de la nouvelle ?
Frédérick Houdaer : Ayant été l’éditeur de Judith Wiart, je connaissais son aisance dans le format “ultra-court”, “fragment”, etc. (cf « Le jour où la dernière Clodette est morte » et « Les gens ne se rendent pas compte » aux éd. Le Clos Jouve). En lui proposant d’écrire une nouvelle ensemble, puis deux, puis cinq, puis vingt-quatre, l’idée était de l’inviter à un format plus long, avec une intention narrative plus affirmée.
Judith Wiart : … Ce qui m’amenait à retrouver la forme d’écriture de prédilection de mon adolescence. A cette époque, j’écrivais des nouvelles fantastiques et des nouvelles noires quand ce n’était pas de fausses correspondances à tonalité humoristique.

Comment vous-êtes vous répartis le travail à 4 mains ?
F.H.: Chaque nouvelle a été écrite à deux. Pour ce faire, j’ai proposé à Judith un petit dispositif simple. Nous allions jouer à deux, encore fallait-il au préalable préciser les règles de ce jeu. Les échanges se feraient par mail, sorte de canal assez formel. Oralement, nous n’en parlions pas entre nous, tout se passait par écrit.

J.W. : C’était une sorte de ping-pong. Pour chaque nouvelle, (en alternance) l’un de nous deux proposait une “situation” à partir de laquelle l’autre poursuivait la narration.

F.H.: Cette situation initiale devait être une “scène active”. Nous avions également établi une contrainte de temps. Quand je recevais par mail la “production” de Judith, j’avais trois jours pour m’approprier sa proposition narrative, la poursuivre, la développer… Le temps de la réflexion, de la reprise, mais pas celui de laisser les choses s’étioler.

Partagez-vous tous deux les mêmes territoires d’écriture ?

F.H. : Certainement du côté de l’enfance et de l’adolescence, de la confrontation avec le monde des “grandes personnes” pas adultes pour un sou.
J.W. : Dans nos histoires, nous avons souvent plus d’empathie pour les personnages les plus jeunes, pour ceux en construction. Ou les personnages décalés, ceux qui ont du mal avec l’enrôlement social.

F.H. : La vérité m’amène à préciser que nous avons également des territoires d’écriture distincts, et que chacun a invité l’autre sur des zones d’écriture qui ne lui étaient pas familières.

Entre premier jet et dernier jet, y a t-il une différence ?
J.W. : Bien sûr. En règle générale, le re-travail allait dans le sens de la coupe.

F.H. : Nous étions obsédés par le fait d’écrire pour des lecteurs qui n’étaient pas dans notre tête. Le devoir de précision s’imposait d’emblée puisque Judith était censée faire sien ce que je lui envoyais. La question du point de vue choisi pour chaque nouvelle a été interrogée. Ainsi que celle de “l’arc transformationnel” du personnage sur une distance très courte (la nouvelle la plus longue n’excède pas dix pages).

J.W. : Cinq nouvelles ont été écartées de la composition du recueil pour diverses raisons.
F.H. : Ce qui ne renforçait pas l’unité et la tonalité du recueil l’affaiblissait forcément. Aucun regret.

Comment s’est partagée cette réécriture ?
F.H. : Il suffit de lire un recueil de J.W. ou l’un de mes romans pour constater que nous ne plaçons pas le curseur de l’écriture au même endroit. Avec ces nouvelles, il ne s’agissait pas simplement “d’accorder nos violons” , mais bien plus d’accepter de nous décentrer pour trouver une troisième écriture. Chacun devant lâcher un certain nombre de ses « marottes littéraires” et autres “tics”.

J.W. : Nos lecteurs réciproques sont aujourd’hui incapables de dire qui a écrit quoi dans le recueil.

Quels seraient vos conseils à des auteurs tentés par l’écriture de nouvelles à 4 mains ?

J.W. : Connaître un minimum l’écriture de l’autre, ses points forts, ses points faibles.
F.H. : Une confiance réciproque qui autorise des retours sans complaisance. Plus facile à dire qu’à faire. Une mise entre parenthèses des égos (jusqu’à un certain point).
J.W. : Se mettre totalement au service de l’histoire, de la narration en cours.
 F.H. : Et paradoxalement, retrouver un plaisir plus puissant à conter, dans la foulée de l’autre.

 

 


Venez rencontrer Frédérick Houdaer et Judith Wiart et vous faire dédicacer « Dures comme le bois » samedi 1er octobre 2022; Librairie Vivement Dimanche 4 rue du chariot d’or

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