Adresse : 10 rue du chariot d’or, 69004 Lyon
Mail : contact@artisansdelafiction.com
Tél. : 04.78.29.82.07

 

Permanences téléphoniques et accueil :
les mercredis de 14h à 18h (hors vacances scolaires)

Nous suivre sur les réseaux
S’inscrire à notre newsletter

Les pires résolutions d’auteur

Par : Julie Fuster

Les pires résolutions pour 2022

La nouvelle année approche et avec elle son cortège de bonnes résolutions… ou tout du moins, de résolutions fermes et de promesses jurées à soi-même !
L’énergie amenée par le mois de janvier est agréable, motivante, mais il peut être très facile pour un apprenti-auteur d’être séduit par des résolutions qui pourraient s’avérer vénéneuses pour son moral, son apprentissage… et son potentiel futur projet !

écriture résolutions 

Pour vous aider à y voir plus clair, nous avons listé certaines des “pires résolutions” qu’un apprenti-auteur peut prendre sans s’en rendre compte. Vous verrez, derrière ces « pires résolutions », on déniche surtout des péchés de bonne volonté. Certaines idées évoquées ne sont pas mauvaises en soi mais sont souvent prises beaucoup trop tôt par un apprenti-auteur, ou sans avoir conscience des impacts ou des enjeux qu’une telle décision va soulever. Ces « pires résolutions » révèlent aussi une méconnaissance du processus créatif, de l’apprentissage et du fonctionnement du monde éditorial. Un bon roman, ça ne s’écrit ni avec de la volonté ni avec de la motivation… Alors, avant de formuler vos vœux pour la nouvelle année, jetez un coup d’œil ci-dessous !

Cette année, je quitte mon travail pour me consacrer à mon roman.

… et ses multiples variations de type :

« cette année, je ne fais plus que ça », « cette année je m’enferme chez moi »…

Quitter son travail pour se donner le temps d’être auteur est une décision souvent prise trop tôt. Bien sûr, l’option est séduisante : avec du temps libre, on va enfin pouvoir passer toute la journée à écrire ! Mais avez-vous déjà bloqué des vacances ou des week-ends entiers pour écrire ? Si oui, en toute honnêteté, avez-vous réellement écrit huit heures par jour ? Avez-vous trouvé la motivation nécessaire ? Résisté à la tentation d’aller sur internet ou de faire tout simplement autre chose ? La réponse peut être oui, mais la réponse… est souvent non !

Un apprenti-auteur qui quitte son emploi sans réel projet concret (un contrat d’édition par exemple) a énormément de temps devant lui… mais aussi une pression énorme. Il n’a pas le droit à l’échec, or l’écriture et la publication d’un roman n’a rien d’évident ni de garanti.
Les résolutions d’auteur qu’il vaut mieux éviter.

« c’est souvent se mettre une pression financière et matérielle »

Quitter trop tôt son travail pour se lancer dans l’écriture, c’est souvent se mettre une pression financière et matérielle qui ne va pas vous aider à écrire mieux ni à écrire plus. Dans le pire des cas, cela va vous bloquer (car trop de pression), et dans le « meilleur » cas, cela va vous forcer à finaliser très vite votre projet, à l’envoyer le plus vite possible à un éditeur, à le publier le plus vite possible.

Or, ce que vous voulez, ce n’est pas écrire et publier n’importe quoi le plus rapidement possible. Ce que vous souhaitez, c’est écrire un texte qui vous ressemble, que vous savez suffisamment solide pour entrer dans la compétition avec tous les autres romans… et surtout, un texte dont vous êtes toujours fier(e) six mois plus tard, deux ans plus tard, dix ans plus tard.

Très peu d’auteurs publiés se consacrent uniquement à l’écriture. Beaucoup ont une activité (voire plusieurs !) professionnelle pour les raisons de pression économique que nous avons évoquées, mais aussi pour leur moral et leurs idées… car à rester seul chez soi, on tourne vite en rond ! Tout le monde n’est pas fait pour écrire huit, dix, douze heures par jour… même les auteurs les plus productifs ou les plus inspirés ! Renseignez-vous sur les auteurs que vous aimez ou que vous fréquentez, interrogez-les sur leurs choix professionnels : vous verrez, ils sont nombreux à ne pas fuir la sphère professionnelle !


Cette année, j’écris ma série en 15 tomes.

Qu’on connait aussi sous sa variante :

« Je me lance dans l’écriture en me donnant un an pour voir si ça donne quelque chose ». Ou encore « cette année, j’écris le meilleur roman de la décennie ».

Si vous êtes un apprenti-romancier, ne vous donnez jamais ce genre de « résolution »… vous allez vous épuiser et vous faire du mal en courant derrière un objectif irréaliste. N’oubliez pas : qui veut aller loin, ménage sa monture ! Se lancer bille en tête avec des objectifs trop ambitieux, cela montre que vous êtes très motivé, mais cela montre aussi une certaine forme d’inexpérience. Car écrire un roman demande un vrai apprentissage : vous devez apprendre à reconnaître des bonnes idées, apprendre à développer une idée originale, apprendre à construire une histoire, apprendre à (bien) la raconter…

Bien sûr, de la bonne volonté et de la motivation seront nécessaires pour « s’y » mettre, mais ce n’est pas parce qu’on a envie d’écrire une bonne histoire qu’on sait le faire ! Cela demande d’apprendre en se formant (par soi-même, grâce à ses pairs et/ou au sein d’une formation), de mûrir ses idées, d’acquérir de l’expérience. Tout cela prend du temps et c’est bien normal ! Quelqu’un qui ne sait pas cuisiner et qui s’y mettrait aujourd’hui n’envisagerait jamais de devenir cuisinier professionnel dans un restaurant réputé d’ici douze mois !

Cette année, je publie forcément mon roman, quoi qu’il en coûte.

Vous avez écrit votre roman, votre nouvelle, votre recueil de poésie… et vous décidez que cette année, ça suffit, il sera publié. Là aussi, cette « résolution » se base sur une méconnaissance du système éditorial. On ne publie pas un roman (encore moins chez un éditeur qu’on admire) parce qu’on le veut ! Les éditeurs ont une ligne éditoriale claire et un planning de publication souvent complet plusieurs mois voire années en avance.
Et souvenez-vous, l’objectif ce n’est pas de publier à tout prix, trop vite, chez n’importe qui, n’importe comment. On finit toujours par regretter de publier une histoire qui aurait pu être mieux fagottée, chez un éditeur qui n’a pas les moyens de vous porter ou de vous faire ré-écrire…

Cette année je paye un coach littéraire pour qu’il rende mon roman publiable.

Là, la mauvaise résolution ne concerne pas le coach littéraire. Il en existe d’excellents qui sauront vous aider à vous organiser, à reconnaître vos forces et vos faiblesses, à comprendre comment fonctionne le milieu éditorial… Et, ça, c’est une bonne chose ! Éventuellement, il peut vous aider à créer et soigner une image marketing. Mais un coach littéraire ne vous apprendra pas à écrire une histoire, à comprendre puis maîtriser, et enfin faire à sa main les règles de la narration et de la dramaturgie. Pourquoi ? Parce que ça n’est pas son métier, tout simplement !

Rendre votre roman publiable signifie deux choses : que votre roman soit intéressant/bien écrit/original (et pour cela il faut vous former et progresser par l’expérience), et que votre roman soit en adéquation avec une ligne éditoriale et/ou une demande sur le marché.

Plutôt que de dépenser des fortunes en coaching ou en relecture de manuscrit, l’apprenti-auteur a tout à gagner en se formant !

Cette année, je lis 10, 25, 50, 200 romans et manuels d’écriture

Cette dernière résolution est un diable habillé en Prada… de l’extérieur, elle paraît séduisante et démontre votre bonne volonté et votre grand enthousiasme. Mais quand on s’approche, on découvre vite que le problème, ce ne sera jamais la quantité de livres que vous lisez, ni la quantité d’heures que vous consacrez à l’écriture. Le temps ou le nombre, ce n’est jamais un problème en soi. C’est ce que vous en faites qui a de l’importance. Si vous lisez 40 romans cette année, mais qu’à aucun moment vous ne réfléchissez ni n’essayez de comprendre pourquoi ces roman vous plaisent et qu’est-ce qui fait qu’ils sont intéressants, captivants, émouvants… votre lecture compulsive n’aura que très peu d’intérêt et ne vous aura pas fait progresser. Cette année, ne lisez pas plus, mais lisez mieux, c’est-à-dire lisez comme un écrivain !

Vous vous êtes reconnus dans ces résolutions ? Pas de panique, cela ne fait pas de vous une mauvaise personne… il faut simplement que vous reformuliez vos idées et vos aspirations de manière réaliste. Et pour ça, on ne vous laisse pas tomber : voici un article sur les 10 (très) bonnes résolutions pour auteur à prendre en 2022.

Vous souhaitez vous former à la narration littéraire ?
Découvrez notre pédagogie !

Vous souhaitez découvrir quelles sont les histoires que vous avez à raconter ? 
Identifiez vos territoires d’écriture !

Vous désirez apprendre à structurer vos histoires ?
Apprenez à préparez et construire un roman !

Les résolutions d’auteur à prendre en 2022.

Aller à la barre d’outils